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jueves, 2 de enero de 2014

ACHILLE CHAVEÉ [10.610]


Achille Chavée

Nacido en Charleroi (Bélgica) el 06 de junio 1906 y murió en LaHestre el 04 de diciembre 1969, fue un poeta belga de lengua francesa. 
Fue una figura destacada del surrealismo.

OBRA:

POESÍA

1935 : Pour cause déterminée , Bruxelles, René Henriquez.
1936 : Le Cendrier de chair , La Louvière, Cahiers de Rupture.
1938 : Une fois pour toutes , La Louvière, Cahiers de Rupture.
1940 : La Question de confiance , Mons, Groupe surréaliste en Hainaut.
1946 : D'ombre et de sang , La Louvière, Éditions du Boomerang, avec un dessin de Pol Bury .
1948 : Écorces du temps , Mons, Haute Nuit.
1948 : De neige rouge , Mons, Haute Nuit.
1948 : Écrit sur un drapeau qui brûle , Mons, Haute Nuit.
1949 : Au jour la vie , Mons, Haute Nuit.
1950 : Blason d'amour , Mons, Haute Nuit.
1951 : Éphémérides , Mons, Haute Nuit.
1952 : À pierre fendre , Mons, Haute Nuit.
1954 : Cristal de vivre , Mons, Haute Nuit.
1956 : Entre puce et tigre , La Louvière, Éditions de Montbliart.
1956 : Catalogue du seul , La Louvière, Éditions de Montbliart.
1957 : Les Traces de l'intelligible , La Louvière, Éditions de Montbliart.
1958 : Quatrains pour Hélène , Mons, Haute Nuit, 1958, avec un portrait de l'auteur par Freddy Plongin .
1958 : L'Enseignement libre , poème, notes, moralités, aphorismes. Mons, Haute Nuit, avec un portrait de l'auteur par lui-même.
1959 : Lætare 59 , aphorismes, La Louvière, Daily-Bul .
1960 : Le Prix de l'évidence , Paris-Bruxelles, Bibliothèques Phantomas.
1961 : L'Éléphant blanc , 1961, La Louvière, Daily-Bul.
1962 : Poèmes choisis , Bruxelles-Paris, Anthologie de l'Audiothèque.
1963 : Tendances nouvelles de la littérature et de l'art dans la région du Centre , dans la revue "Rencontre", La Louvière, Cahiers de l'IPEL, n o 1-2, janvier-juin 1963.
1963 : Le Sablier d'absence , Bruxelles, Éditions Edda sd
1964 : Décoctions , La Louvière, Daily-Bul.
1965 : De vie et de mort naturelles , La Louvière, Éditions de Montbliart.
1966 : Adjugé , La Louvière, Daily-Bul, collection "Les Poquettes volantes".
1967 : L'Agenda d'émeraude , La Louvière, Éditions de Montbliart, avec quatre dessins d' Urbain Herregodts .
1969 : Ego-Textes d'Achille Chavée , précédés d'un Mélangeur de Pol Bury , poèmes et aphorismes (choisis par André Balthazar ), La Louvière, Daily-Bul.
1969 : Le Grand cardiaque , 1969, La Louvière, Daily-Bul.
1969 : Au demeurant , 1969, aphorismes, La Louvière, Daily-Bul.

PUBLICACIONES PÓSTUMAS

1974 : Décoctions II - Aphorismes , La Louvière, Daily-Bul, pour Les amis d'Achille Chavée.
1975 : 7 poèmes de haute négligence , La Louvière, Les amis d'Achille Chavée 1975, illustrations d'Armand Simon.
1979 : Petit traité d'agnosticisme - Aphorismes , La Louvière, Daily-Bul.



Ahora soy un gran animal herido
en la jungla del tiempo
y camino como un tigre hacia Dios
negando su existencia

(Historia Única)






Una calle que recorría solo
en nuestra amada ciudad
una calle que se imponía a mi vista
como calle y más que calle
una calle extravagante y pura
porque era la noche misma
una calle que me devoraba sin ruido
en la ciudad de mi destino
No era una mujer marchita
no era una virgen de dieciséis años
era mi calle
asombrosamente desnuda
la que yo recorría
como alguien que se encamina hacia la muerte






SER BUENO

Un elefante paseaba por mi cocina
le dije muy cortésmente
no estás aqui en casa de un comerciante
de porcelana
estás en casa del poeta
aprende a conducirte
y desapareció con prudente delicadeza

Un elefante blanco esta vez
cosa rara
pasea por el corredor
y yo le digo
no estás en casa de un energúmeno
y he aquí que me contesta
perdón señor poeta perdón

Creyendo
que había terminado con los elefantes
voy a mi dormitorio
Por principio
mira debajo de la cama
usted tambien sabe qué valor tienen las palabras
un vez más encuentro allí un elefante

No me enojé
tampoco creí en una broma
le dije
ven a mi cama viejito
ven a dormir conmigo
cada día trae sus problemas
te reconozco los beneficios del derecho de asilo
y entonces me dormí
tranquilamente






Elegancia

Desde el fondo de la fuente de ojos vengadores
donde vela el del 
Caín fraternal
miro el cielo ciego
con el monóculo de desprecio de cristal
al viejo cordón umbilical
de humor incorregible y neutro
que me vuelve a atar sin piedad
a la muy vieja gleba de hombres oscuros
de raíz pura




Elegance

Du fond de la fontaine d'yeux vengeurs
où veille celui du
Caïn fraternel
je regarde le ciel aveugle
dans un monocle de mépris de cristal
au vieux cordon ombilical
d'humour incorrigible et neutre
qui me rattache sans merci
à la très vieille glèbe des hommes obscurs
de source pure





Eva

Femme ténébreuse
errante de la mauvaise vertu
errante du bien pour le mal
adroite et décidément maladroite
parmi les rideaux de rêve et de soie
parmi les pains de chaleur de chair et de sang
parmi l'homme dépaysé d'être lui-même
femme dangereuse
légèrement inclinée
dans le vent des miracles
légèrement vêtue dans le vent du péché
légèrement perdue dans l'ouragan de vie
femme qui joues
femme qui ris
femme qui pleures
femme qui veux gagner toujours
une chance en plus que le cœur trouvé
dressée à nous ravir
à joindre notre défaillance
à ne jamais nous oublier
à ne jamais nous délivrer
à nous aimer l'éternité de ses mensonges
femme dressée à se livrer
dans l'ombre d'une science exacte
dans la nuit de notre souffrance
dans l'oubli de notre mission
femme impardonnable et pardonnée
voilà que c'est moi le maudit
qui se prend à te reconnaître
à défendre tes cris de malheur
à redramatiser l'aube de ta passion
à pardonner le sang que tu révèles
à s'attendrir sur ton ventre de vie
à t'aimer plus qu'un désert de diamant
ô femme qui jamais ne me pardonnera

(in D'ombre et de sang)






La brigade internationale

à Jean Bastien.


Mon cœur
veine ou déveine
aura des ailes
dans les montagnes et dans la plaine
des hommes meurent pour la liberté

L'oiseau parle une langue inconnue
il n'a jamais pensé à la chance
mais la chance est pour lui
dans les chansons mêmes de la peur
la vie n'est qu'un signe
pour ceux qui meurent dans la nuit
trahis par la clarté lunaire
par les regards obstinés du soleil

Il y parfois un homme qui vient d'Albanie
il parle de la liberté comme d'un sein de marbre
il y a des hommes qui viennent des villages perdus
ils parlent de la liberté comme d'une source pure
il y a d'autres hommes qui viennent des montagnes
ils en parlent par signes et par silences durs
il y a des hommes aussi qui viennent de n'importe où
aux comparaisons obscures et justes
il y a les hommes simples les hommes qui boivent
et les hommes qui ne boivent jamais
qui confondent la liberté la mort l'amour le souvenir de leur maman
l'histoire de leur vie de leur patrie
de leurs amours
en mots très simples et en gestes de neige

(in Une foi pour toutes)








C'est ainsi


à Jean Bastien

Il est certain que quelque chose existe
est
tendant à nous nier
nous dépassant
et qui en nous se réalise
et qui se justifie
dans la naissance d'un poète
et dans sa mort
dans un petit village
au fond de la brousse spirituelle
Il est certain que je vous aime
comme un enfant
ayant perdu sa mère à l'âge du secret
que vous auriez recueilli
après une tornade
dans un îlot de la dévastation
que vous auriez recueilli
ainsi qu'une émeraude
tombée du diadème de l'absolu

(in De vie et mort naturelles)







Du temps que j'étais milliardaire


Du temps que j'étais milliardaire
un éléphant vêtu de noir
près de moi vint s'asseoir
en me disant pardon confrère

Du temps que j'étais souris blanche
je suis sorti de souricière
au jour perdu de ma naissance
mais je n'ai pas gagné au change

Du temps que j'étais hanneton
je fus aussi dans la prison
de l'allumette
et dans celle des horizons

Du temps trouvé pour être un homme
et pour penser à moi aussi
je n'ai cueilli sur l'arbre que la pomme
pleine des vers de mon souci

(in Cristal de vivre)






Verdict


à Pierre Bourgeois

On est comptable et de tout et de rien
on est comptable irréversiblement
irrévocablement
de tous les mouvements divers de sa conscience

Tout nous assaille
tout nous meurtrit
nous circonscrit
tout nous concerne
nous cerne
nous emprisonne
nous désavoue
nous loue enfin pour mieux nous accuser
nous particularise
tout se nourrit de notre défaillance

En apparence à notre insu
un oiseau médite sur son aile brisée
et sur sa toile une araignée est triste
et sur le banc des accusés
un innocent s'efforce en vain de réfuter
l'interminable acte d'accusation

Demain tantôt qu'allons-nous faire
de cet instant précis qui déjà nous observe ?

(in Le grand cardiaque)




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