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lunes, 29 de septiembre de 2014

ABU-EL-KACEM CHEBBI [11.127]


Abou-El-Kacem Chebbi

Tozeur, Túnez (1909-1934). Poeta y Traductor. Hijo de un juez. Difusor de la literatura árabe antigua, y de la romántica. Su talento poético se manifiesta a una edad temprana, Su poema « a los tiranos del mundo »  se convirtió en un canto y lema popular durante las manifestaciones de Túnez, Egipto y Yemen en 2011.

Publicaciones:

Ô Amour (1924)
Tounis al-Jamila (La Belle Tunisie, 1925)
La Guerre (1926)
Chakwat Yatim (La Complainte de l’orphelin, 1926)
Le Chant du tonnerre (1926)
Poésie (1927)
Rivière d’amour (1927)
D’hier à aujourd’hui (1927)
L’Éclat de la vérité (1927)
L’Imagination poétique chez les Arabes (1929)
C’en est trop mon cœur (1929)
Ilâ Allah (À Dieu, 1929)
Ya Ibna Ommi (Ô mon frère, 1929)
Le Prophète méconnu (1930)
Salawat fi hakel al-Hob (Prières au temple de l’amour, 1931)
Pastorale (1933)
Iradat al-Hayet (La volonté de vivre, 1933)
Mes chansons (1933)
Sous les branches (1933)
La Chanson de Prométhée (1933)
L’Aveu (1934)
Le Cœur du poète (1934)
Ela Toghat Al Alaam (Aux tyrans du monde, 1934)
Aghani al-Hayat (Les chants de la vie, 1955)
Journal (1965)
Correspondances (1965)







A los tiranos del mundo

Oh tirano opresor… 
Amante de la oscuridad, enemigo de la vida… 
Te burlaste de un pueblo impotente 
y tu mano se teñe de su sangre 
Deformaste el encanto de la existencia
siembrando las espinas de la desgracia en sus eminencias
¡despacio! no te dejes engañar por la primavera
La claridad del aire y la luz del día 
ya que en el horizonte vasto, 
hay el horror de la noche 
el estruendo del trueno 
y las ráfagas del viento 
¡ cuídate! 
Ya que debajo de las cenizas hay fuego
y quien siembra espinas cosechará heridas 
Mira allí! donde cosechaste las cabezas de la gente y las flores de la esperanza 
El torrente de la sangre va a arrancarte 
Y tormenta de fuego va a devorarte.


Traducido del árabe al español por Youssef Rzouga.






إلى طغاة العالم
أبو القاسم الشابي

ألا أيها الظالم المستبد 

حبيب الظلام عدو الحياه

سخرت بأنات شعب ضعيف

و كفك مخضوبة من دماه

و سرت تشوه سحر الوجود

و تبذر شوك الأسى في رباه

رويدك لا يخدعنك الربيع

و صحو الفضاء و ضوء الصباح

ففي الأفق الرحب هول الظلام و قصف الرعود و عصف الرياح

حذار فتحت الرماد اللهيب

و من يبذر الشوك يجن الجراح

تأمل هنالك أنّى حصدت رؤوس الورى و زهور الأمل

و رويت بالدم قلب التراب أشربته الدمع حتى ثمل

سيجرفك سيل الدماء

و يأكلك العاصف المشتعل






La volonté de vivre

Lorsqu'un jour le peuple veut vivre,
Force est pour le Destin, de répondre,
Force est pour les ténèbres de se dissiper,
Force est pour les chaînes de se briser.
Avec fracas, le vent souffle dans les ravins,
au sommet des montagnes et sous les arbres

disant :

"Lorsque je tends vers un but,
je me fais porter par l’espoir
et oublie toute prudence ;
Je n’évite pas les chemins escarpés
et n’appréhende pas la chute
dans un feu brûlant.
Qui n’aime pas gravir la montagne,
vivra éternellement au fond des vallées".

Je sens bouillonner dans mon cœur
Le sang de la jeunesse
Des vents nouveaux se lèvent en moi
Je me mets à écouter leur chant
A écouter le tonnerre qui gronde
La pluie qui tombe et la symphonie des vents.

Et lorsque je demande à la Terre :
"Mère, détestes-tu les hommes ?"
Elle me répond :
"Je bénis les ambitieux
et ceux qui aiment affronter les dangers.
Je maudis ceux qui ne s’adaptent pas
aux aléas du temps et se contentent de mener
une vie morne, comme les pierres.
Le monde est vivant.
Il aime la vie et méprise les morts,
aussi fameux qu’ils soient.
Le ciel ne garde pas, en son sein,
Les oiseaux morts
et les abeilles ne butinent pas
les fleurs fanées.
N’eût été ma tendresse maternelle,
les tombeaux n’auraient pas gardé leurs morts".

Par une nuit d’automne,
Lourde de chagrin et d’inquiétude,
Grisé par l’éclat des étoiles,
Je saoule la tristesse de mes chants,
Je demande à l’obscurité :
"La vie rend-elle à celui qu’elle fane
le printemps de son âge ? "
La nuit reste silencieuse.
Les nymphes de l’aube taisent leur chant.
Mais la forêt me répond d'une voix
aussi douce que les vibrations d'une corde :
" Vienne l'hiver, l'hiver de la brume,
l'hiver des neiges, l'hiver des pluies.
S'éteint l'enchantement,
Enchantement des branches
des fleurs, des fruits,
Enchantement du ciel serein et doux,
Enchantement exquis des prairies parfumées.
Les branches tombent avec leurs feuilles,
tombent aussi les fleurs de la belle saison.
Tout disparaît comme un rêve merveilleux
qui brille, un instant, dans une âme,
puis s'évanouit.
Mais restent les graines.
Elles conservent en elles le trésor
d'une belle vie disparue..."

La vie se fait
Et se défait
Puis recommence.
Le rêve des semences émerge de la nuit,
Enveloppé de la lueur obscure de l'aurore,
Elles demandent :
"Où est la brume matinale ?
Où est le soir magique ?
Où est le clair de lune ?
Où sont les rayons de la lune et la vie ?
Où est la vie à laquelle j'aspire ?
J'ai désiré la lumière au-dessus des branches.
J'ai désiré l'ombre sous les arbres"

Il* dit aux semences :
"La vie vous est donnée.
Et vous vivrez éternellement
par la descendance qui vous survivra.
La lumière pourra vous bénir,
accueillez la fertilité de la vie.
Celui qui dans ses rêves adore la lumière,
la lumière le bénira là où il va."
En un moment pas plus long
qu'un battement d'ailes,
Leur désir s'accroît et triomphe.
Elles soulèvent la terre qui pèse sur elles
Et une belle végétation surgit pour contempler la beauté de la création.


La lumière est dans mon cœur et mon âme,
Pourquoi aurais-je peur de marcher dans l'obscurité ?
Je voudrais ne jamais être venu en ce monde
Et n'avoir jamais nagé parmi les étoiles.
Je voudrais que l'aube n'ait jamais embrassé mes rêves
Et que la lumière n'ait jamais caressé mes yeux.
Je voudrais n'avoir jamais cessé d'être ce que j'étais,
Une lumière libre répandue sur toute l'existence.


Abou El Kacem Chebbi (أبو القاسم الشابي  ), in Les chants de la vie (Aghani Al Hayat), . Traduction de S.Masliah.

"Poème écrit à Tabarka le 16 septembre 1933, le poète était alors malade et en convalescence dans le nord de la Tunisie." (N. Arfaoui)

(* Je comprends ce "il" par "Dieu", mais peut-être suis-je dans l'erreur... )





Ô fils de ma mère 

(Tunisie, 1909-1934)

Tu es né libre comme l’ombre de la brise
Et libre telle la lumière du matin dans le ciel.

Là où tu allais, tu gazouillais comme l’oiseau
Et chantais selon l’inspiration divine.

Tu jouais parmi les roses du matin
Jouissant de la lumière là où tu la voyais.
Tu marchais –à ta guise- dans les prés,
Cueillant les roses sur les collines.


*

Ainsi Dieu t’a conçu, fils de l’existence
Et la vie ainsi t’a jeté dans ce monde.

Pourquoi accepter la honte des chaines ?
Pourquoi baisser le front devant ceux qui t’on enchaîné ?

Pourquoi étouffer en toi la voix puissante de la vie
alors que retentit son écho ?
Pourquoi fermer devant la lueur de l’aube tes paupières illuminées
alors qu’est douce la lueur de l’aube ?

Pourquoi te satisfaire de la vie des cavernes ?
Où donc est le chant ? Et où le doux élan ?

Aurais-tu peur de la beauté du chant céleste
Craindrais-tu la lumière de l’espace dans la plénitude du jour ?

Allons, réveille-toi, prends les chemins de la vie
Celui qui dort, la vie ne l’attend pas.

N’aie crainte, au-delà des collines,
Il n’y a que le jour dans sa parfaite éclosion.

Que le printemps commençant de la vie
Qui brode des roses dans l’ampleur de sa cape.

Que le parfum des roses matinales
La danse des rayons sur le miroir des eaux.

Il n’y a que les pigeons élégants
Qui roucoulent sans fin dans las prairies

A la lumière ! La lumière douceur et beauté.
A la lumière ! La lumière est l’ombre des Dieux


Le 20 février 1929
(« Ô, fils de ma mère, dans Diwan)
‘Traduit par Ahmed Ben Othman)



viernes, 28 de marzo de 2014

MONCEF OUHAIBI [10.658]

Moncef Ouhaibi: "Die wirtschaftlichen Probleme, vor denen die Islamisten
 stehen, sind enorm. Mehr als eine Million Arbeitslose im Land - auch 
wir auf der Linken können das nicht allein lösen."
Foto: markus bernath

Moncef Ouhaibi

(Keruán, Túnez, 1949)
Doctor en Letras, es profesor de Lengua y Literatura Árabes en la Facultad de Letras y Ciencias Humanas de Susa (Túnez). Se ha dedicado también al periodismo. Además, es autor de cortometrajes documentales y de ficción. Entre sus publicaciones destacan Tabletas (1982), Del mar vienen las montañas (1991), Manuscrito de Tombuctú (1998), Metafísica de la rosa del desierto (2000), Libro del palo e Índice de los animales (2007), Los bienes de la señora que olvidó crecer (2010), Que todo calle (2012) y la novela facebookiana La querida de Adán (2012).



Traducción y nota: Jeaninne Alcaraz





Ejercicio de escritura de viernes 14 de enero de 2011

Que todo calle aquí, este viernes:
la agitación de los pájaros, al alba de la verde Túnez,
sus campanas que tocan desde un arco iris,
sus árboles que cantan.
Que todo calle:
el sonido de los teléfonos, el ruido de las piquetas
Que todo calle este viernes:
las mujeres que lloran por nuestro vecino agonizante
este viernes
las risas de las niñas bonitas que van corriendo
bajo la fina lluvia hacia la escuela,
este viernes

Que la lluvia deje de caer
este viernes
Que cuelgue sus campanas de cristal
en el aire y en las nubes
Que espere
a que den las cinco de la tarde
Después, podrá caer con abundancia
Que nuestro vecino aplace su muerte hasta las cinco de la tarde

Que todo calle
este viernes:
esa mujer que llama unas veces a su hijo
otras a su perro
Que sea como el perro
que yergue las orejas
porque presiente lo que nosotros los pastores, jamás presentimos

Que todo calle
este viernes
el tintineo de sus vasos
el cuchicheo de sus botellas
en  Al-Mazar
Diles:
vosotros que cruzáis la terraza del día
hacia un bar que abre los viernes
un poco de silencio
no es nada
y esperad
a que den las cinco de la tarde

Que todo calle este viernes:
las canciones de los pastores
la llamada a la oración
diles:
no recéis
este viernes
no leáis la Fatiha*
levantaos como las tunecinas y los tunecinos
este viernes
Que salmodiáis: alabanza al pueblo
nuestro señor
Que salmodiáis: alabanza al sol
que el pueblo hace rodar en sus manos
Que salmodiáis: alabanza a la tierra
que el pueblo envuelve
y hace girar en sus manos

Que todo calle
este viernes:
los alumnos
aunque canten
“Si un día el pueblo quiere la vida
el destino debe contestar”
Diles:
no saludéis la bandera
este viernes
hay una voz que viene
una voz que ilumina
para enseñarnos
y enseñar a este lápiz **

Un poco de silencio
a ti viento
a ti lluvia
a ti tormenta
Un poco de silencio
a vosotros vehículos y trenes
que os ponéis en marcha desde la mañana
Que todo calle aquí y allá:
Las caravanas de camellos y perros
que atraviesan el Sahara de Douz
Los barcos, que van y vienen
por el Mediterráneo
izando velas
desplegando redes
Los faros que alumbran
a través del yeso de la niebla

Que todo calle:
Los piratas
El pisoteo de los remos
El reflujo en la costa tunecina

Un poco de silencio
hermanos míos
compañeros a los que quiero
Que todo aquí y allá
calle ahora
dan las cinco de la tarde
Que seamos todo oído
Aquí todo está en silencio
¿No oís nada?
Claro que sí, escuchad bien
es el ruido de sus botas
El déspota
que huye
que se va
a toda prisa
que arrastra pesadamente sus pasos
hacia el lugar donde
se dormirá
en un cadáver vacío




Exercice d’écriture du vendredi 14 janvier 2011

Que toute chose se taise ici, ce vendredi:
le frémissement des oiseaux, à l’aube de la Tunisie verte,
ses cloches qui sonnent depuis un arc-en-ciel
ses arbres qui chantent
Que toute chose se taise:
les sons des téléphones, le bruit des pioches
Que toute chose se taise ce vendredi:
les femmes pleurant notre voisin qui agonise
ce vendredi
les rires des belles filles qui accourent
sous la pluie fine, vers l’école
ce vendredi

Que la pluie cesse de tomber
ce vendredi
Qu’elle accroche ses cloches de cristal
dans l’air et dans les nuages
Qu’elle attende
que 17h sonne
Après, elle aura droit à tomber avec abondance
Que notre voisin reporte sa mort jusqu’à 17h

Que toute chose se taise
ce vendredi:
cette femme qui appelle tantôt son fils
tantôt son chien
Qu’elle soit comme le chien
Lui qui dresse ses oreilles
Pressentant ce que nous les bergers, ne pressentons jamais

Que toute chose se taise
ce vendredi
le tintement de leurs verres
le chuchotement de leurs bouteilles
dans Al-Mazar
Dis-leur:
vous qui traversez la terrasse du jour
vers un bar qui ouvre le vendredi
un peu de silence
ce n’est rien
et attendez
que 17h sonne

Que toute chose se taise ce vendredi:
les chansons des bergers
l’appel à la prière
dis-leur:
ne faites pas la prière
ce vendredi
ne lisez pas la Fatiha
levez-vous comme les Tunisiennes et les Tunisiens
en ce vendredi
Que vous psalmodiez: louange au peuple
notre seigneur à nous tous
Que vous psalmodiez: louange au soleil
que le peuple fait rouler en ses mains
Que vous psalmodiez: louange à la terre
que le peuple entoure
et fait tourner dans ses mains

Que toute chose se taise
ce vendredi
les élèves
même s’ils chantent “Si le peuple veut un jour la vie
le destin se doit de répondre”
Dis-leur:
ne saluez pas le drapeau
ce vendredi
il y a une voix qui vient
une voix qui illumine
pour nous apprendre
et apprendre ce crayón

Un peu de silence
toi vent
toi pluie
toi orage
Un peu de silence
vous véhicules et trains
qui partez depuis le matin
Que toute chose ici et là se taise
Les caravanes de chameaux et de chiens
qui traversent le Sahara de Douz
Les bateaux, allant et venant
en Méditerranée
hissant des voiles
déployant des filets
Les phares qui éclairent
à travers le gypse du brouillard

Que toute chose se taise
Les pirates
Le piétinement des rames
Le reflux sur la côte tunisienne

Un peu de silence
mes frères
mes camarades que j’aime
Que toute chose ici et là
se taise maintenant
17h sonne
Que nous soyons tout oreille
Ici tout est silencieux
Vous n’entendez rien?
Mais si, écoutez bien
C’est le bruit de ses bottes
Le despote
qui s’enfuit
qui part
en hâte
qui traîne ses pas lourdement
vers l’endroit
où il s’endormira
dans un cadavre vide

—————
*la primera Sura del Corán
**En el Corán hay la siguiente Sura:
¡Lee! Tu Señor es el Muy Noble.
—que ha enseñado con la pluma
—que ha enseñado al hombre lo que no sabía


http://www.elcoloquiodelosperros.net/numero32/esp32mo.html







martes, 6 de agosto de 2013

JALEL EL GHARBI [10.408]


JALEL EL GHARBI 

Poeta, crítico literario y ensayista. TÚNEZ. Enseña literatura francesa en la Facultad de Letras de La Universidad de Manouba (Túnez). Es autor de: Le poète que je cherce à lire. Essai sur l'œuvre de Michel Deguy, 2003. Le Cours Baudelaire, 2004,Ed. Maisonneuve & Larose/Sud Éditions. Claude Michel Cluny : des figures et des masques 2005.







Las mejillas de la mañana


Es como si las mejillas de la mañana
fueran metáfora lejana, distantes
de pasiones anteriores
y del vigor de los días.
Que no están ya

Mi amada se ha ido:
Las huertas se han llenado de arena
y el ala del pájaro ha caído
en su último mar.
Todo vuelve a ser una metáfora lejana, distante
de las mejillas de la mañana.

Traducción del árabe:
José María Lopera 









Un jour

Je me suis perdu dans ces ruelles
Et tu passais près des couleurs fruitières

Voici les cerises
Voici la pomme

J’ai heurté un passant
Un muletier m’a crié gare
J’ai failli tomber sous les sabots sonores

Je t’ai suivie
J’ai pensé
A qui connut les soleils de Konya,
Les neiges d’Ispahan
Et le chemin de Damas qui mène ailleurs
Je t’ai suivie buvant à la cascade 
De ta chevelure
Mes yeux escaladaient ton corps 
Callipyge
Me suis agrippé à la chute des reins.

-------------------------------

Comme ce chant d’un soir de demi brume
Je savais le leurre de l’amour
Et à l’ombre d’un figuier, arbre-de-l’indiscipline-répulsion-à-l’alignement-arbre-de-l’ingéniosité-qui-pousse-sur-les-murs-la-cime-à-l’envers-qui-voyage-dans-la-fiente.

Je-suis-de-cet-arbre-et-je-n’aime-pas-les-oliviers.

Et à l’ombre d’un figuier qui revient au poème
Tu étais autre
Que toutes les déconvenues de l’amour.

Je leur ai dit
Avez-vous vu ma bien-aimée

Je leur ai dit
Je n’aime pas votre ici
Le sens du bonheur du côté du Nord Est.

Montagne de mon chagrin,

[Si près de mon oreille siffla la première pierre]

Donnez-moi de ce vin que je reprenne force !

-----------------------------------------

Mettez-moi sur la route d’Isola del Liri
Près des jardins
Où se chantaient le soir canta donna et moi je n’étais rien. 

Redonnez-moi de ce vin qui verdit les routes









Extrait de l'Abécédaire du vieux maître soufi Alif

J''aurais pu en rester à l'alif
Au seuil de l'alphabet
Au seuil des chiffres
Parce que l'alif est le un
La droite ligne du matin
La taille élancée de l'amour
Que je n'ai pas encore étreint
La première lettre du Livre
Et du verbe lire à l'impératif
L'alif est dans toutes les lettres
J'aurais pu en rester au seuil
Trouver le pain dans une miette
J'aurais pu n'avoir qu'un amour d'alif
Parce que l'alif dit que toute lettre
Peut devenir alif, que tout peut devenir un
Il suffit que chaque lettre pense très fort
Au grand Amour pour devenir un alif
Alif alif alif




martes, 5 de febrero de 2013

ADAM FATHI [9284]





Adam Fathi
(Túnez, 1957)

Poeta, escritor, periodista, traductor e intérprete.  Su verdadero nombre es Fathi Guesmi. 

Ejerció la enseñanza, pero fue separado de su puesto hasta 1987; prefirió no ejercer más a mitad de los años noventa, para dedicarse totalmente a la producción literaria y al periodismo.

Empezó a publicar y a leer poemas en los ámbitos universitarios y sindicales, en diferentes regiones del país desde los principios de los años ochenta.
 Su poesía es comprometida y reúne aventuras estéticas y posiciones humanas progresistas.

Ha escrito en periódicos tunecinos y de otros países árabes.  Preparó y presentó varios programas culturales para la radio y la televisión hasta el 2008, y ha escrito varios guiones de películas.

Miembro de diversos jurados poéticos. Ha sido invitado a muchos encuentros internacionales, árabes y europeos, para leer sus poemas o ponencias.

Sus poemas han sido interpretados por varios cantantes tunecinos y árabes; además de haber sido traducidos al francés, inglés y español. Ha publicado un total de 15 libros entre poemarios y traducciones, tres de ellos fueron retirados de la venta y a otros dos se les prohibió su publicación.

En poesía encontramos los siguientes títulos: Siete lunas para la guardiana de la fortaleza (1982); Historia verde y el príncipe Adouane (1984) y Canto del sindicalista elocuente (1986), censurados después de su publicación; El libro de elegías y maldiciones (1989), prohibido por la censura; Cantos para la flor de estiércol (1991); Poema de Jerusalén en la palma de la mano de Bagdad, tres poemas colgados en el muro de la noche (1994), censurado después de su publicación; Poemas de amor y libertad (2000), prohibido por la censura; y por último, El soplador ciego de cristal (2011).

Entre los premios que ha recibido destacan el premio de la creación afro-europeo (dos sesiones: 1987 y 1990); Gran Premio del festival de la canción tunecina (tres sesiones: 1993, 1995 y 1997); premio del Festival de radio y televisión de El Cairo (tres sesiones: 2000, 2001 y 2006), y el premio de poesía en el Festival Internacional de la canción de El Cairo (2002).

Asimismo, tradujo del francés Memorias de Charles Baudelaire (1999); Avicena o el camino a Ispahán (2000) de Gilbert Sinoué; Adiós Babilonia (2001) de Naïm Kattan; Todas las aguas tienen el color del crepúsculo (2003) de Emil Cioran; Ferida (2006) de Naïm Kattan; La plancha azul (2008) e Historia y utopía (2009), ambos de Emil Cioran. 




El soplador de cristal

La niña pregunta a su padre: ¿cómo escribes?
Era ciego. Yo miro en mi interior, dice, hasta ver agujeros
en el papel. Pongo una palabra en cada agujero, 
luego como un soplador de cristal ciego, 
soplo en la palabra para que crezca un poco, así
consigo
a veces
un poema
¿Y qué más? Pregunta la niña.
Nada más, hijita
nada que valga la pena
excepto que 
yo pueda caer en el agujero
y no regresar nunca más.